Samedi 24 novembre, nous avons accueilli avec l’association citoyenne, Citoyenneté Villeurbannaise, Laurent Henard, député radical de Nancy et ancien ministre de l’insertion professionnelle des jeunes. Alors qu’il revenait du « Grenelle de l’insertion », nous avons voulu le questionner sur l’action réelle que peut avoir une mairie face au problème lancinant du chômage des jeunes. En une heure et demi s’appuyant sur son expérience d’adjoint au Maire de Nancy, il nous a dressé une liste d’actions très concrètes qui donne des résultats. La vingtaine de personnes présentes a été bluffé par la finesse de l’analyse mais aussi et surtout par le volontarisme de cet homme politique de 39 ans. Que nous a-t-il dit de si formidable ? et bien la vérite ! qu’une mairie n’a pas de compétences particulière en matière d’emploi des jeunes, qu’elle ne peut qu’impulser des projets et sensibiliser les entreprises de son territoire. Simplement, si cette démarche municipale ambitionne d’avoir un véritable effet, il faut que la mairie soit elle-même exemplaire en matière d’emploi des jeunes. Voilà la clé.
Alors à Nancy, la mairie donne l’exemple, elle forme par apprentissage 100 jeunes en permanence au sein des structures municipales, elle soutient des projets d’insertion vers les métiers qui recrutent ou sur des grands chantiers de la ville (musée, théâtre…..), elle met en réseau tous les lieux qui accueillent des jeunes… Quelle bouffée d’air frais !!!!!
Par contraste, nous avons senti combien cette question de l’emploi des jeunes n’était pas prioritaire au jour d’aujourd’hui au sein de la mairie de Villeurbanne et ces 2000 fonctionnaires. Mais qu’il est bon de voir qu’avec un peu de volonté et d’imagination, une mairie peut trouver des solutions là où toutes les institutions semblent défaillantes !!!!!
Je crois que la formation et l’emploi ne relèvent pas du seul domaine de l’ANPE mais qu’une vraie politique d’insertion exige que les Chambres de Commerce et d’industrie se remuent le nombril pour valoriser les corps de métier en souffrance. Non l’Etat ne peut pas tout et c’est probablement un garantie de liberté à laquelle on tient. Oui, les partenaires institutionnels autres que l’école et les agences pour l’emploi ou l’armée ont une carte maîtresse à jouer qui reste bien confidentielle: la diffusion de l’information, sans tabous, l’illustration de divers parcours professionnels, l’évaluation des besoins, la prospective, etc. Rien ne me fait plus mal que de voir des jeunes diplomés partir à l’étranger pour travailler, les mêmes que ceux ayant brandi les ardeurs d’un grand soir pour protester contre le CPE soit dit en passant. Où sont les jeunes pousses sur Villeurbanne, quels sont leurs parcours ?.. Voilà ce qu’il faut transmettre. En outre, je tiens à mettre en garde contre une solution qui consisterait à faire jouer à la mairie le rôle magique de la fée Clochette dans ce domaine car à la longue, la tentation est grande de prendre l’habitude de ne fonctionner qu’avec des apprentis sur certains postes, et donc de recourir à une sorte de sous-fonctionnariat aux effets aussi pervers que ceux provoqués par l’instauration des emplois-jeunes il y a dix ans. Il s’agit en fin de compte de formation, et non d’occupation des jeunes gens, cela implique donc une charte, un contrat, des définitions juridiques exigentes. Est-ce le cas ? je ne sais pas mais je pose simplement la question.