Reprise de l’article paru dans le Progrès du 13 octobre 2008
Associée à l’UMP lors de la campagne des Municipales, l’association Énergies Villeurbanne a décidé avant l’été de reprendre sa liberté. Avec deux élus au conseil municipal (Anne Didier et Baptiste Dumas), elle a pu créer son propre groupe au sein de l’assemblée. Si l’union avait parfois été difficile à expliquer, le divorce a fait quelques vagues au sein de l’opposition.
Pour le porte-parole de l’association Baptiste Dumas, les choses semblent pourtant couler de source : « Il y avait une alliance pour les élections, puis chacun a repris sa liberté de convictions et de parole. Si on avait gagné, on aurait quand même fait notre groupe ».
Mais les choses ne se sont pas passées ainsi et la rupture a plutôt été ressentie comme un droit d’inventaire débouchant sur une brouille de personnes. Une analyse que réfutent en bloc les membres d’Énergies Villeurbanne : « Nous regroupons des personnes de sensibilités politiques différentes et le débat a été permanent avant les élections. La décision de s’unir n’a pas été simple à prendre. Maintenant, il nous a semblé nécessaire, pour avoir une opposition forte, de s’appuyer sur la représentation d’une association locale implantée sur le terrain », poursuit Baptiste Dumas.
Car c’est bien à la base que l’association veut désormais revenir : traiter des dossiers locaux, être à l’écoute des quartiers et s’éloigner de la politique politicienne. « Nous regroupons des avis différents qui savent travailler ensemble quand il s’agit du devenir de Villeurbanne. Nous sommes un peu le modèle associatif de ce que nous voudrions voir fonctionner au niveau de l’opposition », explique le président Michel Chabalier, un ex-socialiste.
Et c’est bien dans l’opposition que se situe Énergies Villeurbanne, « mais une opposition qui ne sera jamais systématique », s’empresse de tempérer Baptiste Dumas. Ce dernier a déjà le regard tourné vers les prochaines échéances électorales : « Notre liste s’est pris une tôle mémorable, mais Énergies Villeurbanne a vocation à être présente aux prochaines élections cantonales et municipales ». Avec l’espoir de voir toute l’opposition s’unir pour gagner. « Encore faut-il savoir si le MoDem est dans l’opposition? », lâche Baptiste Dumas dans une ironie à contre-courant du souhait affiché d’unité…
En attendant, le jeune groupe fourbit ses armes en critiquant la gestion municipale : « La Ville laisse dériver les dossiers d’investissement. Il nous semble urgent d’améliorer les services rendus aux habitants. Et nous serons intraitables pour que les impôts n’augmentent pas dans ce temps de crise ».
Jean-Christophe Morera