La Révolution, dont sont si fiers le maire de Villeurbanne et ses camarades, avait eu, malgré ses excès, le mérite de mettre fin à nombres de privilèges injustes et à avoir pour but, à travers la République, et inspirée par les philosophes des Lumières, de guider et d’éclairer le citoyen français. L’objectif était l’épanouissement de la personne, le moyen était la liberté. Liberté de parole, liberté de s’instruire, de se cultiver.
Or, M. le maire Jean-Paul Bret, par le formidable dédain qui le caractérise, n’a rien à envier à nos rois de France les plus absolutistes. Son pouvoir est certes le fruit d’une élection, avec le vote souverain de la population, ce qui le rend sans aucun conteste légitime.
Mais comment peut-on prétendre représenter pleinement une ville lorsque plus de la moitié des électeurs ne se sont pas déplacés ? Lorsque les femmes et les hommes de Villeurbanne se disent : « A quoi bon! Qu’est-ce que ça changera à notre vie ? La droite, la gauche, le centre… qu’est-ce que ça veut dire ? Ces femmes en tailleurs et ces hommes en cravate qui se battent pour prétendre, tous autant qu’ils sont, à être plus légitimes qu’un autre à nous représenter, alors qu’on ne les voit jamais, qui sont-ils ?! Et nous connaissent-t-ils vraiment ?! » on peut se poser alors la question du pouvoir de M. J.-P. Bret.
Son pouvoir n’a pas besoin d’une élection, c’est chose faite d’avance.
Son pouvoir n’a même pas besoin d’être accepté, il est à célébrer!
Repliez-vous, droite, centre et extremistes, y’a rien à voir! Circulez ! les jeux sont faits.
31 ans de pouvoir…beaucoup d’entre nous n’étaient pas nés qu’il était déjà là !
Et alors ? et depuis ? Les choses ont-elles fondamentalement changées ?
Ah mais mon cher ami, comme pourrait dire le maire en tout homme politique qui se respecte, je n’y puis hélas rien, je suis vraiment désolé pour vous… Ah si seulement le Grand Lyon… Ah si seulement le gouvernement… Je ne peux pas être partout à la fois ! Je ne peux pas trôner devant la mairie, faire des cérémonies, prendre plaisir à humilier mes opposants aux conseils municipaux et en même temps gérer l’économie de la ville, la politique sociale… Non, je vous assure, ce n’est pas ici qu’il faut vous adresser, je n’ai que de très modestes pouvoirs.
Ce fameux Grand Lyon… dirigé par le camarade Gérard Colomb, assis sur son prestigieux fauteuil, il y a, à sa droite (quelle pieuse image!), sur un fauteuil un peu plus petit mais tout de même plus grand que les autres, assis le camarade J.-P. Bret, maire de Villeurbanne.
Non décidemment, le Grand Lyon, ce n’est pas son affaire.
Et le gouvernement ? Ah qu’il a bon dos… C’est bien connu, les choses qui vont bien, c’est grâce à nous. Les choses qui tournent pas rond, ce sont les autres. Quelle bonne blague ! Dommage qu’elle soit usitée, d’autres y ont déjà pensé bien avant le brillant esprit de notre botaniste preféré.
Quel est sont but alors ? Durer ! Ah qu’il est moelleux ce fauteuil de maire, ah qu’il sent bon le parfum du pouvoir et qu’est-ce que c’est jouissif que d’entendre des « monsieur le maire » à longueur de journée!
Son moyen ? Bayonnons autant que faire ce peut l’opposition, ce sera chose faite !
Tardons à lui donner les dossiers qu’elle réclame (pourtant légalement), ce sera du temps de gagné!
Et puis… disons aux gens que cette situation de pauvreté, de misère, est normale.
Surtout qu’ils ne nous remettent pas en question. Qu’ils suivent donc notre exemple !
Et il y a aussi une petite astuce… surtout ne l’ébruité pas mais c’est un processus vieux comme le monde, exercé en sans inverse par nos chers monarques de l’Histoire.
Laissons les gens dans leur pauvreté, entretenons les dans leur misère. Ils ne deviendront pas alors de méchants riches qui se tourneront vers la méchante droite conservatrice. Bref, faisons de la bonne vieille politique politicienne. Même si ça coûte aux gens, preservont notre électorat, manipulons les, la fin justifie les moyens !
Laissons aussi un accès restreint aux moyens de culture!
Cette culture qui apporte des valeurs et des richesses concrètes, qui permet d’agrandir le champ des possibles qui donne la fierté d’appartenir à une civilisation, à un monde car on le comprend mieux comme on comprend mieux les autres grâce à celle-ci.
Cette culture qui nous apporte la conscience, ferment de la création, qui offre à l’Homme un regard neuf emplit d’heureuses sensations nouvelles.
Cette culture qui est l’investissement de l’avenir, la fête du présent, l’humilité de l’Histoire.
Opposons à la crise économique ces étendards de culture que sont la littérature, l’art, le théâtre, le cinéma, l’architecture… qui sont des monuments durables, fruits de l’esprit humain généré par la nature.
Voila le genre de propos que j’aimerais entendre de la part de J.-P. Bret.
Mais non… il n’y peut rien!