Article paru dans le VIVA Villeurbanne de Novembre 2011
Lors du dernier conseil municipal, nous avons voté une subvention exceptionnelle pour soutenir le Centre Social de Croix Luizet.
Quoi de plus naturel quand on connaît le rôle essentiel que joue ce type de structures dans nos quartiers. Ils sont au nombre de 8 sur Villeurbanne, un par quartier, ou presque : St Jean, Buers, Croix Luizet, Cusset, Cyprian Les Brosses, Ferrandière, Tonkin et malgré des différences, ils ont de nombreux points communs : un fort ancrage local, un conseil d’administration animé par les habitants eux-mêmes, des activités très diverses de l’accueil des enfants aux activités des personnes âgées en passant pour certains par un rôle sur l’emploi.
Pour des milliers de villeurbannais, les centres sociaux sont un lieu d’accueil, de ressources et d’activités irremplaçables. C’est pour toutes ces raisons que la Mairie soutient chaque année ces centres en leur allouant des subventions significatives.
Ces huit centres sociaux ont tous un agrément CAF (Caisse d’Allocations Familiales) et ainsi reçoivent à ce titre des subventions de cette dernière.
Dans ces conditions, comment a t’on pu arriver à un quasi dépôt de bilan d’une de ces structures ?
Depuis plusieurs années, le centre social de Croix Luizet est confronté à des problèmes internes, dans la direction de la structure, dans le management des équipes. Le Conseil d’Administration n’a pas réussit à faire face à ces carences d’organisation. Et lentement, mais sûrement, le Centre Social a perdu pied à tel point que la CAF lui a retiré fin juin 2011 son agrément « centre social » et avec lui plusieurs dizaines de milliers d’euros de subventions.
Devant ce gâchis, on est en droit de se poser la question. Comment est-il possible que les financeurs ne soient pas intervenus avant ce désastre, comment se fait il que la Mairie qui a signé début 2008 avec le centre social un contrat d’objectifs et de moyens sur 3 ans attende que la structure soit à terre pour lui venir en aide ? Quand on verse chaque année plus de 200 000 euros de subvention et que l’on est lié avec cette structure par un contrat on a forcément un droit de regard.
En vérité, la Mairie a fermé les yeux, et son inaction a contribué au pourrissement de la situation, mais dans quel but ?
Aujourd’hui les besoins augmentent beaucoup plus vite que les moyens, comment la ville compte-t-elle résoudre cet épineux problème ?
Pourquoi avoir abandonné ou mis en veilleuse l’idée d’une mutualisation globale entre les huit centres sociaux, ce qui engendrerai des économies de fonctionnement significatives et ainsi compenserai certaine diminution de subventions ?
Les huit Centres Sociaux sont des relais essentiels de la vie sociale dans nos quartiers, si le laxisme ou l’incapacité à exprimer des choix persiste, d’autres centres après Croix-Luizet risquent de se trouver dans la même situation.
Anne Didier et Baptiste Dumas
Conseillers municipaux